François Omam-Biyik : « Même si on me promet beaucoup d’argent, je ne regarderai plus le match Cameroun –Angleterre de 1990 »
L’ancien attaquant vedette des Lions Indomptables du Cameroun a ressassé des souvenirs de la Coupe du Monde disputée en Italie.
C’est une défaite et une élimination qui font toujours mal à Omam-Biyik 35 ans après. Le match Cameroun- Angleterre (perdu 3-2) comptant pour les quarts de finale de la Coupe du Monde Italie 1990 est resté en travers de la gorge de François Omam-Biyik. L’ancien goleador des Lions Indomptables du Cameroun a dit son amertume sur la chaine YouTube Passion Foot invest il y a quelques jours. A l’époque livrer ce match perdu Le 1er Juillet 1990 au stade San Paolo de Naples était déjà un authentique exploit. « On réalise qu’on est la première équipe africaine qui accède en quarts de finale d’une Coupe du Monde. Aucune équipe africaine n’avait déjà réalisé ça. Il fallait y aller, jouer. On s’est livrés à fond malgré mes maladresses de ce jour-là. Je pense que si je suis adroit devant le but, je peux marquer deux ou trois buts », déplore l’ancien buteur du Canon de Yaoundé.
Omam veut effacer ce souvenir de son esprit. Lorsqu’il en parle, celui qui est devenu entraineur de football pointe la responsabilité des joueurs et celle du banc de touche dans cette élimination. « Je ne regarde plus le match Cameroun-Angleterre. Ça fait mal au cœur. Parce que c’est un match que nous devons gagner. C’est un match que nous devons, nous les joueurs, gérer. Le banc de touche aussi doit nous aider à le gérer. Malheureusement, c’était tellement facile. Nous sommes tous partis à l’abordage en oubliant que jouer au football c’était aussi défendre. Malheureusement, on mène 2-1 et on prend un penalty assez douteux. Cela profite à l’Angleterre. Cela leur permet de passer », se souvient Omam-Biyik dans un geste d’impuissance.
Le frère d’André Kana-Biyik estime que l’ambiance qui a précédé ce fameux quart de finale peut aussi avoir joué un rôle dans la déconvenue. « Il y avait eu déjà des tensions entre nous. Certains disaient : « c’est grâce à moi qu’on est arrivés là, c’est grâce à moi qu’on a fait ceci ». Peut-être que c’est cela qui nous a empêchés d’aller loin ! C’est regrettable. Ce match, même si on me promet beaucoup d’argent, je ne le regarderai pas », martèle-t-il.
Lorsqu’on évoque la talonnade, une action nette de butrepoussée par le gardien anglais Peter Shilton, il a cette réaction : « écoutez, vous n’avez que cinq secondes pour réfléchir. Peut-être un peu moins. Si on me donne une minute, je réfléchis, je donne peut-être à Pagal qui était face au but. Imaginez si je marquais ce but… Je changeais de nationalité ! (Rires) Si j’avais pris une bonne décision, peut-être qu’on aurait joué une demi-finale contre l’Allemagne. Je revois cette action, mais je ne reste pas dessus. Il m’arrive de revoir cette action, mais je ne m’y attarde pas. Je dis : « c’est passé ». Durant ma carrière, j’ai essayé de toujours donner le maximum à chaque match. Ce jour-là, peut-être que j’avais atteint mon maximum »