L’HISTOIRE DU CHANTIER DE L’IMMEUBLE SIÈGE DE LA FECAFOOT
PAR PARFAIT SIKI
Le projet est lancé en 2010 par Iya Mohammed grâce aux fonds issus de la Coupe du monde de la même année en Afrique du Sud. Au terme d’un appel d’offres, l’entreprise Guimar est sélectionnée pour un coût de construction hors taxes de 1,5 milliard. Les travaux s’arrêtent peu après l’embastillement de Iya Mohammed en 2013. Une regrettable occurrence qui reste comme le plus grand regret pour le monde du football.

Joseph Owona, président du comité de normalisation qui prend la suite évite ce projet, il n’est du reste là que pour écrire les textes, organiser les élections et gérer les affaires courantes, donc zéro investissement. Élu président de la FECAFOOT en 2015, Tombi à Roko Sidiki, ci-devant Sg de Iya Mohammed, regarde le dossier s’enliser et fait le choix d’autres projets : la construction de nouveaux stades à Bafia, Bangangté, Bamenda et Sangmelima, qu’il n’achèvera malheureusement pas.
En septembre 2017, Me Dieudonné Happi, un autre normalisateur, arrive avec la même restriction de ne s’occuper que des textes, des élections et des affaires courantes.

En janvier 2019, Seidou Mbombo Njoya, élu un mois plus tôt sur la promesse, entre autres, de terminer la construction de l’immeuble-siège, découvre le bourbier que ce projet est devenu. Il commet un audit et découvre l’imbroglio : Guimar avait déjà perçu 900 millions du montant de 1,5 milliard représentant le cout total pour une consommation des délais largement dépassée. Sur le terrain, seulement 90% du gros œuvre est réalisé.
Pour terminer les travaux, Guimar évalue le reste à exécuter à 2,4 milliards. Inacceptable pour la FECAFOOT, qui entreprend de résilier le contrat avec Guimar. Un long feuilleton judiciaire s’ouvre qui s’achève par la victoire de la FECAFOOT.
Pour finir les travaux, la FECAFOOT lance deux opérations : une envers la FIFA pour trouver les financements auprès du guichet à taux zéro ouvert par l’instance faîtière du football mondial pendant la période Covid, et l’autre en termes d’appel d’offres pour le parachèvement de l’immeuble-siège.
Les deux opérations sont rondement menées, et la jonction entre la FECAFOOT, la division financière de la FIFA et PAC International, l’entreprise choisie, est faite.
La FECAFOOT pose le problème de la capacité de remboursement du prêt accordé par la FIFA et suggère que des appartements locatifs soient ajoutés au projet initial. PAC International fait des propositions d’aménagement qui intègrent l’’augmentation de deux étages permettant à la FECAFOOT de générer des recettes locatives de 30 millions mensuels. La FIFA approuve. Durée du chantier : 12 mois. Coût global : 4 milliards, tout équipé, les employés de Tsinga ne devant prendre qu’ordinateurs et photocopieuses pour rejoindre le nouveau siège. L’ancien devant être dédié à la Ligue régionale du Centre et aux Ligues spécialisées (foot pro, foot féminin et foot jeunes).

PAC International, mis en confiance par la FIFA, lance les travaux sur fonds propres. Seidou Mbomb Njoya hésite à signer l’accord de prêt avec la FIFA avant les élections à la FECAFOOT annoncées en décembre 2021. Il hésite à rapatrier les 650 millions de FCFA épargner dans le compte de la FECAFOOT auprès de la FIFA pour financer la quote-part de Tsinga dans le projet. Il hésite parce qu’il est travaillé par une question d’honneur : son élection de décembre 2018 a été annulée par le TAS et se sent d’une légitimité faible pour engager un si gros chantier. L’élection qui arrive va le légitimer pleinement pour lancer les travaux du projet. Seidou Mbombo Njoya sera défait le 11 décembre 2021, ce qu’il n’avait pas envisagé.
Samuel Eto’o trouve ce projet prêt sur sa table. Mais il est rongé par la soupçonnite pour toute l’œuvre de son prédécesseur. Il décide de rompre l’accord avec PAC International et engage un bras de fer qu’il perd. PAC International est solidement implanté dans le système dirigeant et frappe aux mêmes portes que le président de la FECAFOOT. De guerre lasse, il trouve un accord a minima avec l’entreprise pour terminer les travaux. Quatre années ont été perdues.