FECAFOOT ET SAMUEL ETO’O : UNE GESTION À CONTRE-COURANT DES INTÉRÊTS DES LIONS INDOMPTABLES
Alors que les Lions Indomptables s’apprêtent à disputer deux matchs décisifs en septembre prochain dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe du monde 2026, la Fédération camerounaise de football, dirigée par Samuel Eto’o, envisage un remaniement du staff technique. Une décision vivement critiquée par le journaliste Raphaël Nkoa, qui alerte sur les risques d’une telle instabilité. Entre querelles institutionnelles et enjeux sportifs, la Fecafoot semble naviguer à contre-courant de l’intérêt national.
La Fédération camerounaise de football (Fecafoot), dirigée depuis 2021 par l’ancien capitaine emblématique Samuel Eto’o, fait une nouvelle fois l’objet de vives critiques. Cette fois, c’est le journaliste sportif Raphaël Nkoa qui prend la parole pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive administrative aux conséquences sportives potentiellement désastreuses : la volonté manifeste de la Fecafoot de changer le staff technique des Lions Indomptables à quelques semaines de deux matchs cruciaux pour la qualification à la Coupe du monde 2026.
Dans une sortie médiatique sans détour, Raphaël Nkoa interpelle publiquement la Fecafoot et son président sur ce qu’il qualifie d’« erreur stratégique majeure ». Selon lui, remettre en question le poste de Marc Brys, actuel sélectionneur de l’équipe nationale, relève d’une pure inconscience, surtout lorsque l’on prend en compte le bilan positif de ce dernier : aucun match perdu depuis sa prise de fonction. « Dans la logique de la Fecafoot, il est question de doter les Lions Indomptables d’un nouveau staff. Ce qui serait incongru si l’on considère le bilan de Marc qui n’a concédé aucune défaite jusqu’ici », déclare-t-il.
Ce débat ressurgit dans un climat de tension entre le ministère des Sports et la Fédération, dont les querelles de pouvoir se répercutent directement sur la stabilité de l’encadrement technique. Marc Brys, nommé par le gouvernement, n’a jamais véritablement été accepté par Samuel Eto’o, qui a tenté à plusieurs reprises d’imposer un autre staff plus proche de sa ligne. Résultat : une guerre froide institutionnelle qui se joue sur fond d’égos, de calculs politiciens et de manœuvres de coulisse, au détriment de l’intérêt supérieur de l’équipe nationale.
Raphaël Nkoa appelle donc à la responsabilité : « Le contexte ne s’y prête pas. Les Lions jouent leur avenir dans la course à la qualification à la prochaine Coupe du monde. Un chamboulement de l’encadrement technique est susceptible de briser la belle dynamique observée jusqu’ici. » Il en appelle à une forme de lucidité de la part de la Fecafoot, qui devrait selon lui comprendre les enjeux du moment et ne pas sacrifier la stabilité sur l’autel des rancunes personnelles. « Il faut juger de l’opportunité des actes, comprendre les enjeux et privilégier l’intérêt de la sélection pour pérenniser les acquis », insiste-t-il.
Au-delà de l’affaire Marc Brys, cette situation révèle un malaise profond au sein de la gouvernance du football camerounais. Depuis l’arrivée de Samuel Eto’o à la tête de la Fecafoot, plusieurs décisions controversées ont alimenté la méfiance du public : exclusion de journalistes, sanctions ciblées contre des acteurs du football, conflit permanent avec les autorités publiques, absence de stabilité à la tête des sélections nationales… Tout cela sur fond d’un management jugé autoritaire, voire solitaire, où le consensus semble de plus en plus difficile à atteindre.
Dans les milieux sportifs et médiatiques, la question se pose désormais avec insistance : Samuel Eto’o est-il toujours l’homme de la situation pour conduire sereinement le football camerounais vers de nouveaux sommets ? Sa légitimité sportive est incontestable, mais sa gestion administrative, marquée par des conflits répétés, jette le doute sur sa capacité à rassembler et à projeter durablement le Cameroun sur l’échiquier du football mondial. Pour beaucoup, maintenir Marc Brys, c’est envoyer un signal de stabilité et de sérieux. Le Cameroun a besoin d’un projet cohérent, pas d’un champ de bataille entre égos. L’avenir des Lions Indomptables mérite mieux que des calculs de palais.
Joakim IPELA