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L’arroseur arrosé : Samuel Eto’o danse sur les ruines qu’il a lui-même creusées

Il y a des images qui en disent plus long que mille discours. Celle-ci en fait partie. Samuel Eto’o, président de la FECAFOOT, publie sur son compte Facebook officiel ce 11 juin 2026 une story tournée pendant la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde 2026 à Mexico. On y voit le trophée doré, la foule en liesse, le logo FIFA gigantesque qui domine le stade. Et au milieu de tout ça, un hashtag qui claque comme une provocation : #ilfautassumer.

Le problème, c’est que le Cameroun n’est pas dans ce stade. Les Lions Indomptables regardent cette fête à la télévision, comme nous tous. Et celui qui ose poster ce hashtag est précisément l’homme dont la gestion erratique a privé le pays de cette compétition.

Un slogan qui se retourne contre son auteur

Le mot “assumer” est intéressant. Il faut assumer quoi, exactement, monsieur le président ? Assumer le fait que le Cameroun, qui disposait d’un boulevard avec dix places offertes à l’Afrique, n’a même pas réussi à en saisir une ? Assumer le fait que pendant que d’autres pays africains, parfois avec bien moins de moyens et de talents, célèbrent leur qualification, les Lions sont restés à la maison ?

Si Eto’o veut vraiment parler d’assumer, qu’il commence par lui-même. Car la chronologie des faits est sans pitié, et elle porte sa signature à chaque étape.

La guerre des chefs qui a coûté la qualification

Tout commence par un conflit institutionnel qui dure depuis des mois. La FECAFOOT, dirigée par Eto’o, et le ministère des Sports (MINSEP) se livrent une bataille de pouvoir permanente. Désaccords sur la gestion de la sélection, conflits d’autorité, décisions contestées : autant de frictions qui installent un climat d’instabilité permanent autour des Lions Indomptables.

Dans n’importe quelle nation sérieuse de football, ce genre de conflit se règle en coulisses, loin des projecteurs, pour préserver la sérénité de l’équipe. Au Cameroun, sous la présidence d’Eto’o, c’est l’inverse qui se produit : le conflit devient public, permanent, et finit par contaminer toute la préparation de l’équipe nationale.

L’épisode Marc Brys, ou comment saboter son propre sélectionneur

Voici le cœur du problème. Quand le contrat de Rigobert Song est résilié pour mauvais résultat, ce qui est tout à fait normal et compréhensible, le ministère des Sports selon le même mécanisme ayant conduit Rigobert Song à ce poste nomme Marc Brys comme nouveau sélectionneur. Mais il y a un détail qui change tout : le technicien belge est choisi sans l’aval du président de la fédération, Samuel Eto’o. Et la suite va le prouver, ce détail n’en est pas un.

L’ancien attaquant du Barça est furieux après cette nomination imposée par le ministère [soccerway](https://fr.soccerway.com/actualites/dans-la-tourmente-le-cameroun-domine-nettement-le-cap-vert-en-eliminatoire-du-mondial-2026/rRPUpDD5) . À partir de ce moment, et même si le Cameroun parvient à un moment donné à dominer le Cap-Vert 4-1 grâce à un doublé de Vincent Aboubakar, le climat reste empoisonné. Le résultat sportif ne masque jamais la guerre froide entre Eto’o et son propre sélectionneur.

Un président de fédération qui ne soutient pas son sélectionneur, qui le subit plutôt que de l’accompagner, c’est une équipe nationale qui joue avec un boulet attaché à la cheville avant même le coup d’envoi.

Le symbole qui résume tout : priver l’entraîneur de son assistant

Dans cette guerre des egos, Eto’o ne s’est pas contenté de bouder. Selon le journaliste Jean-Claude Mbede, cité par Actu Cameroun, la cause de l’échec est à chercher dans la gestion schizophrène de la FECAFOOT, qui a choisi de priver l’entraîneur de son assistant.

Privez un entraîneur de son assistant, à quelques semaines d’une échéance aussi importante qu’un barrage de Coupe du monde, et vous envoyez un message limpide : la priorité de la fédération n’est pas la réussite de l’équipe, mais le règlement de comptes personnel. C’est exactement ce type de décision, prise dans les bureaux climatisés de Yaoundé, qui se paie cash sur le terrain, à Kinshasa ou ailleurs.

La rupture avec la star André Onana, encore un symptôme

Le cas Marc Brys n’est pas isolé. La relation tendue entre André Onana et Samuel Eto’o devient elle aussi un véritable feuilleton, qui éclipse presque les enjeux purement sportifs.

Quand le gardien numéro un de la sélection et le président de la fédération sont en froid public, on ne parle plus de gestion sportive. On parle de gestion d’ego. Et les egos, contrairement aux talents, ne marquent pas de buts.

Le match de trop : Cameroun-Angola, 0-0, et la colère qui éclate au grand jour

Le 13 octobre 2025, le Cameroun affronte l’Angola à Yaoundé dans un match décisif pour la qualification directe. Le résultat ? Un match nul poussif, 0-0, qui fait perdre au Cameroun toute chance de qualification directe dans un groupe pourtant dominé par le modeste Cap-Vert.

Ce soir-là, quelque chose se brise dans la patience des supporters. Eto’o s’emporte en tribune contre un spectateur qui le prend à partie, en plein public, sous les caméras. L’image d’un président de fédération qui s’énerve contre ses propres supporters, le jour où son équipe vient de gâcher sa qualification directe, restera dans les mémoires.

À ce moment-là déjà, la sentence est écrite. Le Cameroun, deuxième de son groupe derrière le Cap-Vert, est condamné aux fastidieux barrages. Et comme un symbole supplémentaire, cette période coïncide avec la fin du premier mandat d’Eto’o à la présidence de la fédération. Stop ou encore, la question était déjà posée. Elle aurait dû recevoir une réponse claire.

Le couperet de novembre : la RDC met fin au rêve

Direction les barrages. Le Cameroun affronte la République Démocratique du Congo, qui attend une qualification mondiale depuis 1974. Les Lions Indomptables sont battus sur le fil, 0-1, sur un but de Chancel Mbemba, ancien joueur d’Anderlecht.

La défaite est cruelle, mais elle n’est pas le fruit du hasard. Avant même ce match, la colère gronde déjà contre Eto’o : un mois plus tôt, le président de la fédération avait été pointé du doigt par certains supporters qui n’avaient pas digéré l’absence de qualification directe. Sur les réseaux et dans les tribunes, les mots sont durs et sans détour : “Il faut qu’il parte de là”, lâche un spectateur ; “Imbécile, c’est à cause de lui qu’on n’est pas qualifiés”, renchérit un autre.

Le journaliste Jean-Claude Mbede enfonce le clou après la défaite contre la RDC. Pour lui, Marc Brys a un contrat et un argument solide, sous-entendu : le sélectionneur a fait son travail dans des conditions impossibles, ce qui n’est pas le cas de celui qui était censé créer ces conditions.

Sur le terrain aussi, le naufrage est total. Le joueur Carlos Baleba, autrefois présenté comme l’un des plus grands espoirs des Lions, connaît une chute brutale de niveau, entre performances indignes et signes d’indiscipline inquiétants. Face à la RDC, c’est l’effondrement total : un match cauchemardesque, des ballons perdus en série, une incapacité à résister au pressing, au point que Marc Brys le sort dès la mi-temps, dans un remplacement presque humiliant pour un joueur censé être un pilier du futur.

Comment un joueur de ce calibre s’effondre-t-il à ce point, au moment le plus important ? Difficile de croire que l’instabilité chronique autour de l’équipe, entretenue depuis des mois par les querelles de la FECAFOOT, n’ait rien à voir avec ce genre d’effondrement mental sur le terrain.

Le verdict est sans appel, et il porte un nom

Au-delà des polémiques individuelles, un article publié en avril 2026 résume la situation avec une formule qui restera : le Cameroun n’a pas manqué de talent, il a manqué d’unité, et dans le football comme ailleurs, sans unité, même les plus grands rêves finissent par s’écrouler.

Cette unité, c’est précisément le rôle d’un président de fédération de la construire. Eto’o avait entre ses mains les leviers pour rassembler : le sélectionneur, le staff, le ministère, les joueurs. À chaque étape, il a choisi le rapport de force plutôt que la cohésion. Le résultat, c’est dix places offertes à l’Afrique pour le Mondial 2026, et le Cameroun, malgré son réservoir de talents qui jouent dans les plus grands clubs européens, n’en a saisi aucune.

L’ironie ultime : l’homme qui rêvait d’une finale africaine

Pour mesurer toute l’ironie de la situation, il faut se rappeler qu’avant la Coupe du monde 2022, Eto’o avait livré un pronostic spectaculaire : il imaginait une finale 100% africaine, avec le Cameroun en tête, après avoir éliminé la Belgique puis le Sénégal. À l’époque, le rêve était permis.

Quatre ans plus tard, le même homme, devenu président de la fédération, regarde la Coupe du monde depuis son canapé ou dans les tribunes, comme tous les Camerounais. Et au lieu de se taire, au lieu de présenter ses excuses à un peuple qui rêvait de voir ses Lions à Mexico, il poste une photo glamour du trophée avec un hashtag qui ressemble à une leçon de morale donnée par celui-là même qui mériterait de la recevoir.

En fin de compte qui doit vraiment assumer ?

#ilfautassumer. Le mot est juste, mais il est mal adressé. Ce n’est pas au peuple camerounais de “assumer” l’absence de son équipe au Mondial 2026. Ce n’est pas non plus à Marc Brys, qui a hérité d’une situation toxique et qui, malgré tout, a réussi à faire dominer le Cap-Vert 4-1 à un moment de la campagne. Ce n’est pas à André Onana qui a une carrière exemplaire et irréprochable d’assumer, ce n’est pas à Joseph Antoine Bell, l’aîné aux analyses froides et très intelligentes sur la gestion de l’instance faîtière de Notre football d’assumer.

C’est à Samuel Eto’o d’assumer. D’assumer son conflit permanent avec le ministère des Sports. D’assumer le sabotage, qu’il soit volontaire ou non, de la nomination d’un sélectionneur qu’il n’a pas choisi. D’assumer la décision de priver cet entraîneur de son assistant à un moment crucial. D’assumer sa relation conflictuelle avec des cadres comme Onana, Vincent aboubakar, ngandeu ngadjui. D’assumer son éclat de colère en tribune face à ses propres supporters. D’assumer d’avoir privé l’équipe du matériel d’entraînement etc…

La Coupe du monde se joue sans le Cameroun. Et le président de la FECAFOOT, lui, continue de poster des stories devant le trophée, comme si rien ne s’était passé. C’est peut-être ça, en fin de compte, la vraie leçon de cette image : celle d’un homme qui n’a manifestement toujours pas compris ce que le mot “assumer” veut dire.

lorsqu’un dirigeant publie un message demandant d’assumer après un échec collectif, sans s’inclure lui-même dans cette responsabilité, il laisse entendre que les coupables sont ailleurs.

Nous a CFOOT nous disons : « Assumer commence d’abord par celui qui dirige. »

Blaise ETONGTEK

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