CHRONIQUE : Bryan Mbeumo, un produit de la formation française
Bryan Mbeumo est aujourd’hui l’un des meilleurs joueurs africains. Il est né le 7 août 1999 à Avallon, en France. Il a 25 ans. Il joue comme milieu offensif ou attaquant. Après une grande saison avec Brentford en Angleterre, il vient de signer à Manchester United pour 81 millions d’euros. C’est le transfert le plus cher pour un joueur africain dans toute l’histoire du football. Oui, vous avez bien lu : 81 millions d’euros ! Et pourtant, la FECAFOOT n’a rien à voir avec ça. Le Cameroun n’a rien investi sur lui. Il n’a pas été formé ici. Il a été formé en France, à l’ESTAC Troyes, avec un encadrement sérieux, des infrastructures modernes, un vrai projet pour les jeunes.
Et pendant ce temps au Cameroun, que fait la FECAFOOT ? Que fait son président Samuel Eto’o ? Rien. Ou pire : il détruit les rares structures qui existaient encore.
Samuel Eto’o : l’homme qui combat la formation au lieu de la soutenir
C’est une honte. Une vraie honte. Celui qui a été formé à la Kadji Sports Academy (KSA), qui a grandi dans un centre de formation, qui a été repéré grâce à une académie locale… c’est lui qui, aujourd’hui, s’attaque à ces mêmes centres ! Samuel Eto’o s’est permis de suspendre la KSA. Oui, il a suspendu le centre qui l’a fait naître footballistiquement. Il a aussi suspendu la Njalla Quan Sports Academy. Des centres qui, malgré toutes les difficultés, continuaient à encadrer des enfants, à former des talents, à offrir un avenir aux jeunes Camerounais.
Mais au lieu de les soutenir, le président de la FECAFOOT préfère les réduire au silence. Il les empêche de jouer. Il les suspend sans aucune pitié. Il se comporte comme un chef de guerre, pas comme un bâtisseur.
Le football jeune est à l’arrêt total au Cameroun
Il faut le dire haut et fort : le football jeune est à l’arrêt au Cameroun. Les championnats jeunes sont morts. Plus rien ne fonctionne à la base. Il n’y a aucune politique claire pour détecter et former les talents. Aucune vision. Aucune stratégie. La FECAFOOT et son président sont occupés ailleurs. Ils préfèrent faire des guerres de pouvoir inutiles. Ils se battent contre le SYNAFOC, le syndicat des footballeurs camerounais. Ils se battent contre Marc Brys, le sélectionneur national. Ils se battent contre le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi. C’est à croire que le vrai ennemi de Samuel Eto’o, ce n’est pas l’échec, ce n’est pas la corruption, ce n’est pas la désorganisation… c’est tous ceux qui osent ne pas lui dire oui.
Pendant ce temps, la France forme nos stars !
Et pendant que le Cameroun se perd dans les conflits et les égos, d’autres pays font le travail à notre place. La France forme nos enfants. Elle les accueille dans des centres de formation. Elle les encadre. Elle les professionnalise. Et nous, pauvres de nous, nous attendons qu’ils deviennent célèbres pour venir les supplier de jouer pour nous. C’est exactement ce qui s’est passé avec Bryan Mbeumo. Il n’a jamais joué pour une académie camerounaise. Il n’a jamais été détecté ici. Et pourtant, aujourd’hui, on veut crier son nom partout parce qu’il joue pour les Lions Indomptables. Quelle hypocrisie !
Un pays qui ne forme pas ses enfants est un pays qui meurt
Il faut que cela cesse. Il faut que le mensonge s’arrête. Un pays qui ne forme pas sa jeunesse est un pays qui se prépare à mourir lentement. Le football camerounais est malade, et son principal virus, c’est l’orgueil et l’arrogance de sa propre fédération. Au lieu de s’occuper de la base, de construire des stades, de créer des académies, de recruter des éducateurs qualifiés, on préfère organiser des tournées politiques, des guerres inutiles et des règlements de compte personnels. On préfère envoyer des enseignants que dis je des petits copains faire des cours de répétition lors des compétitions, on préfère soudoyer en sourdine les fonctionnaires du tribunal militaire pour faire peur aux journalistes qui font honnêtement leur travail, on préfère déplacer ehontement des pseudo journalistes et influenceurs pour un tournoi villageois sans aucun intérêt en France à montaigu…. Voilà les actes de bravoure de notre président qui voulait imiter la fédération allemande de football.
Le Cameroun mérite mieux que ça
Le Cameroun ne mérite pas cette FECAFOOT arrogante, orgueilleuse et irresponsable. Il ne mérite pas cette gestion confuse où les intérêts personnels passent avant l’avenir de tout un peuple. Ce pays, berceau de grands joueurs comme Thomas Nkono, Roger Milla, Patrick Mboma, Geremi Ndjitap, Emmanuel Kunde, Joseph Antoine Bell, Oman biyick, Samuel Eto’o lui-même, mérite une fédération qui travaille pour les jeunes, pour le futur, pour la relève.
Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on voit ?
Une FECAFOOT qui se prend pour un État dans l’État. Un président qui agit sans rendre compte à personne, qui insulte les partenaires publics, qui piétine les décisions du ministère des Sports, et qui considère toute critique comme une déclaration de guerre. C’est la dictature version football. Mais c’est aussi l’échec assuré. Car on ne construit rien dans le chaos et dans la peur.
Le Cameroun mérite des dirigeants visionnaires, pas des hommes en quête de vengeance personnelle. Le football, ce n’est pas la jungle. Ce n’est pas une scène de règlement de comptes. Ce n’est pas une occasion pour effacer des rivaux. Le football, c’est l’espoir de milliers de jeunes qui rêvent d’un avenir meilleur. Et eux, ils sont les premières victimes du désordre actuel.
Le Cameroun mérite des centres de formation solides, respectés et soutenus. Des structures où les enfants peuvent apprendre à jouer, mais aussi à se discipliner, à se former intellectuellement, à devenir des citoyens utiles. Pas des académies que l’on ferme sur un coup de tête, par caprice ou par jalousie.
Le Cameroun mérite des compétitions jeunes régulières, organisées, avec des encadreurs formés, des arbitres compétents, des installations correctes. Pas ces pseudo-tournois improvisés à la dernière minute, sans cohérence, sans objectifs à long terme.
Le Cameroun mérite une FECAFOOT qui dialogue avec ses partenaires, pas qui les insulte. Qui respecte ses entraîneurs, pas qui les humilie. Qui coopère avec l’État, pas qui le défie. Le ministère des Sports, qu’on le veuille ou non, est la tutelle, et il faut respecter cela. Marc Brys, qu’on l’aime ou pas, est le sélectionneur, et il faut coopérer. Le SYNAFOC, même s’il dérange, est la voix des joueurs, et on doit l’écouter.
Le Cameroun mérite des résultats sur le terrain, pas des scandales dans les médias et dans les tribunaux militaires. Le peuple camerounais est fatigué des polémiques, des communiqués incendiaires, des querelles à répétition. Il veut voir son drapeau briller à la CAN, à la Coupe du Monde. Il veut voir ses enfants jouer, progresser, rêver. Mais comment rêver quand tout est bloqué ?
Le Cameroun mérite une FECAFOOT à la hauteur de son histoire. Une FECAFOOT qui honore le passé, qui respecte le présent, et qui prépare l’avenir. Pas un théâtre d’orgueil et de destruction.
Pas un champ de ruines.
Un dernier mot pour Bryan Mbeumo
À toi, Bryan, bravo. Tu n’es pas le fruit du hasard. Tu es le produit d’un système qui marche. Et pendant que tu brilles sous les projecteurs anglais, ton pays d’origine s’enfonce dans l’obscurité de la mauvaise gouvernance. Nous sommes contents que tu représentes le Cameroun. Mais que ton exemple serve aussi de gifle à tous ceux qui méprisent la formation au pays.
Si le Cameroun veut espérer avoir d’autres Bryan Mbeumo, il va falloir bâtir, pas détruire. Encourager, pas suspendre. Former, pas attendre. Voilà la vraie bataille.
Blaise ETONGTEK