UNE VOLONTÉ DE MUSELER ALAIN DÉNIS IKOUL ET CFOOT
Dans un climat de plus en plus hostile à la liberté de la presse, le journaliste sportif Alain Dénis Ikoul, journaliste de CFOOT, est devenu la cible d’un acharnement inquiétant. Entre procédures au Conseil National de la Communication, plaintes judiciaires douteuses et arrestation musclée sans mandat, tout porte à croire qu’il dérange les puissants du football camerounais. Sa voix critique et libre semble aujourd’hui payer le prix fort face à un système déterminé à faire taire toute opposition médiatique.
La récente arrestation d’Alain Dénis Ikoul, journaliste sportif à CFOOT, n’est pas un fait isolé, mais l’aboutissement d’une stratégie de harcèlement systématique à l’encontre de la liberté d’expression et du journalisme d’investigation. Depuis plus d’un an, ce journaliste paie le prix de son engagement à dire tout haut ce que d’autres murmurent tout bas : les dérives de gouvernance, le culte de la personnalité à la FECAFOOT, les zones d’ombre du règne de Samuel Eto’o à la tête du football camerounais.
Déjà en 2024, le Conseil National de la Communication (CNC) avait été saisi par Samuel Eto’o pour tenter de faire taire la voix critique d’Alain Denis Ikoul. Motif invoqué ? Des propos tenus lors de l’émission « Onze Entrant » sur Jambo FM. Fait troublant : aucune citation exacte de ces propos n’a été rendue publique, et la plainte visait davantage à intimider qu’à corriger. Pourtant, au lieu de dialoguer ou de répondre sur le fond, le président de la FECAFOOT exigeait des « sanctions exemplaires », comme s’il fallait faire un exemple de ce journaliste au verbe tranchant.
Plus récemment, une plainte pour « harcèlement et cybercriminalité » a été déposée par Sam Séverin Ango, figure elle-même controversée du paysage médiatique. Encore une fois, l’intention semble claire : multiplier les procédures pour épuiser, intimider, faire plier. Puis vint l’arrestation brutale d’Ikoul, sans mandat officiel rendu public, en plein match de football à Douala, devant témoins médusés. Il sera conduit de force vers Yaoundé, dans ce qui ressemble à un véritable enlèvement d’État.
Cette chronologie d’événements, loin d’être anodine, démontre une volonté manifeste de museler une voix médiatique indépendante, au mépris des libertés fondamentales. Alain Denis Ikoul est devenu la cible privilégiée de ceux qu’il dérange, non pas pour avoir diffamé, mais pour avoir investigué, dénoncé et posé les bonnes questions. Ce climat délétère touche désormais toute la rédaction de CFOOT, de plus en plus marginalisée par la FECAFOOT. Les journalistes du média se voient refuser l’accès à certaines conférences, événements, et stades, comme si la FECAFOOT était une forteresse interdite aux voix dissidentes.
Il ne s’agit plus ici d’un simple différend entre un journaliste et une institution. Il s’agit d’une dérive dangereuse, où le pouvoir sportif, relayé par des figures judiciaires, sécuritaires et administratives, tente d’étouffer toute forme de critique. Mais ce combat pour la liberté d’informer est celui de tous les journalistes, de tous les Camerounais épris de démocratie. Car si on peut enlever un journaliste pour ses idées aujourd’hui, qu’est-ce qui empêche que demain, ce soit un citoyen lambda pour un post Facebook ou une opinion exprimée à haute voix ?
L’affaire Alain Dénis Ikoul illustre tristement la dérive autoritaire d’un écosystème sportif où toute voix discordante devient une cible. Face à ces intimidations, il est urgent de défendre la liberté d’expression et de protéger les journalistes qui osent encore dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Joakim IPELA