TKC – CANON: QUAND LE DERBY LÉGENDAIRE EST RELÉGUÉ AU RANG DE MATCH DE QUARTIER PAR LA FECAFOOT
Le plus grand derby de l’histoire du football camerounais, Tonnerre Kalara Club contre Canon de Yaoundé, est relégué au rang d’un simple entraînement. Programmé pour se jouer sur le terrain du centre technique de la Fecafoot à Odza un site non homologué par la CAF, sans tribunes, sans vestiaires, sans âme ce choc légendaire est privé de sa ferveur populaire. Une décision incompréhensible de la Fédération camerounaise de football, dirigée par Samuel Eto’o, qui suscite colère et indignation.
Le choix de faire disputer en 16e de finale de la Coupe du Cameroun, le Canon de Yaoundé et Tonnerre Kalara Club, le plus grand derby de l’histoire du football camerounais, sur un terrain d’entraînement non homologué, sans tribunes ni vestiaires, relève d’un mépris flagrant pour l’histoire, les supporters, les joueurs et l’avenir même du football camerounais. C’est une illustration brutale de l’improvisation et de l’indifférence avec lesquelles la Fédération camerounaise de football, dirigée par Samuel Eto’o, gère les compétitions locales.
En programmant cette affiche mythique sur le champ poussiéreux du Centre technique de la Fecafoot à Odza, la Fédération nie tout simplement ce que représente ce match. Canon contre Tonnerre, c’est bien plus qu’un 16e de finale. C’est un morceau d’histoire nationale, un duel légendaire qui a nourri des générations entières de supporters, structuré les passions dans les quartiers, inspiré des milliers de jeunes joueurs, et offert des pages glorieuses au football africain.
Et pourtant, plutôt que de valoriser cette richesse patrimoniale, la Fecafoot l’enfouit dans l’anonymat d’un terrain d’entraînement sans le moindre confort ni sécurité pour le public, les journalistes ou les équipes. Aucune caméra professionnelle ne pourra immortaliser ce choc. Aucune ferveur populaire ne pourra s’exprimer. Ce match se jouera en catimini, comme un banal entraînement, loin de son statut symbolique. C’est une insulte à la mémoire d’Abega, de Milla, de Mbida, de Tataw Stephen, et de tant d’autres. Une gifle aux anciens, aux supporters, aux passionnés. C’est aussi un aveu d’échec d’une gestion qui prétend révolutionner le football camerounais, mais échoue à lui offrir des infrastructures de base pour accueillir dignement ses matchs phares. Comment comprendre qu’en 2025, la capitale du Cameroun ne puisse pas proposer un seul stade homologué pour un derby aussi mythique ? Où est passée la volonté politique et sportive de revaloriser les championnats nationaux et les clubs historiques ?
Sous la présidence d’Eto’o, la communication prime sur la cohérence. Les stades de proximité à Kousséri et Bamenda sont brandis comme des trophées, pendant que les clubs piliers du football camerounais végètent dans l’indifférence. Ce Canon-Tonnerre à Odza est le symbole de cette inversion des priorités : on construit pour la vitrine, mais on méprise le socle. La Fecafoot préfère la communication à la mémoire, les effets d’annonce à la logistique.
Ce match aurait pu être une fête populaire, une démonstration de ce que le football peut encore rassembler. Il sera finalement un huis clos pathétique, conséquence d’une gouvernance déconnectée de la réalité et de l’histoire. Il est grand temps que la Fecafoot se souvienne que le football n’est pas seulement une affaire de pouvoir et d’image, mais aussi et surtout de respect, de mémoire et de dignité. Pourtant, « il » voulait redonner au football camerounais toute sa grandeur. Mais, aujourd’hui « il » donne au football camerounais toute sa glandeur.
Joakim IPELA