ERNEST OBAMA, VICTIME DE SA PRÉSUMÉE AMBITION POUR LA PRÉSIDENCE DE LA FECAFOOT ?
Dans un climat tendu autour de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), la fermeture surprise de BNews1 alimente les spéculations. Ernest Obama, directeur général de la chaîne et ancien porte-parole du président de la Fecafoot, serait-il victime de son ambition présumée de briguer la présidence face à Samuel Eto’o ? Entre restructuration annoncée et pressions politiques, les événements de ces derniers heures soulèvent bien des interrogations sur les véritables raisons de cette mise à l’écart médiatique.
Ce qui s’est passé ce 8 juillet 2025 au siège de BNews1 n’a rien d’anodin. Un détachement de gendarmes et un huissier débarquent, ordonnent aux employés de quitter les lieux, puis annoncent la fermeture temporaire de la chaîne. Motif officiel ? « Restructuration ». Motif officieux, selon plusieurs sources : un climat devenu irrespirable entre le directeur général Ernest Obama et le propriétaire de la chaîne, Lucas Owona. Mais derrière ce bras de fer interne, une autre lecture s’impose. Et si Ernest Obama payait le prix de son ambition ? Celle, de plus en plus assumée, de se positionner comme successeur potentiel à Samuel Eto’o à la présidence de la Fecafoot.
L’homme n’est pas un inconnu. Ancien porte-parole du président de la Fecafoot, homme de médias influent, journaliste politique et sportif redouté, Ernest Obama s’est bâti un réseau solide, forgé une légitimité, et gagné une écoute que peu de journalistes peuvent revendiquer. Son passage à BNews1 avait vraisemblablement pour but non seulement de lancer un média moderne, mais aussi d’asseoir une vision : celle d’un football camerounais dépersonnalisé, structuré, et gouverné dans la transparence.
Mais voilà, dans un univers où toute critique devient soupçon de trahison, et où toute alternative est perçue comme un affront, Ernest Obama dérange. D’abord par son style : direct, technocratique, exigeant. Ensuite par son discours : réformiste, incisif, parfois frontal. Et surtout par sa posture : celle de quelqu’un qui ne veut plus être dans le football dans l’ombre de Samuel Eto’o, mais bien à la lumière.
Des signes ne trompent pas. Depuis qu’il s’est exprimé, en coulisses et en privé, sur la nécessité d’un renouveau à la tête de la Fecafoot, les obstacles se sont multipliés. Et aujourd’hui ne mise à l’écart sur les antennes de BNews1 qui ressemble à une neutralisation politique. Mais ce serait une erreur de penser que cette manœuvre sonne la fin de son influence. Bien au contraire. Dans un pays où l’opinion publique est de plus en plus sensible aux dérives de pouvoir, Ernest Obama pourrait capitaliser sur ce moment de rupture. Il peut se poser en victime d’un système étouffant, et devenir l’un des symboles du retour au dialogue dans le football camerounais.
Dans l’immédiat, l’exécutif de la Fecafoot, à travers ses relais, peut jubiler. Mais la vérité est que cette « restructuration » de BNews1 est peut-être le début d’un cycle plus large. Celui d’un basculement politique dans les sphères sportives, où les ambitions se dévoilent, et les rapports de force s’inversent.
Une chose est sûre : Ernest Obama, malgré les coups, n’a pas dit son dernier mot.
Joakim IPELA