FECAFOOT – SKY MOTORS : DES VOITURES DE LOCATION POUR TRANSPORTER LES LIONS
Alors que les Lions Indomptables devraient bénéficier d’une logistique à la hauteur de leur renommée, la Fédération Camerounaise de Football se distingue une fois de plus par son incapacité à respecter ses engagements. Malgré des promesses répétées depuis 2021, aucun bus n’a été fourni aux équipes nationales. Résultat : Samuel Eto’o et la FECAFOOT en sont réduits à externaliser ce service fondamental à une entreprise privée, jetant une ombre sur la crédibilité et la rigueur attendues d’une fédération censée porter l’élite du football camerounais.
Ce 10 juillet 2025, dans une atmosphère loin des grandes heures du football camerounais, la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) a organisé une cérémonie de signature de contrat avec Sky Motors. Une entreprise privée, désormais chargée de transporter les Lions Indomptables. Derrière ce geste présenté comme un partenariat novateur, se cache un échec retentissant : l’incapacité flagrante de la FECAFOOT, dirigée par Samuel Eto’o, à fournir en quatre ans un seul bus officiel aux équipes nationales.
Un mandat d’annonces sans livraisons
Dès son arrivée à la tête de la FECAFOOT, Samuel Eto’o avait promis une refonte totale de l’organisation et des moyens mis à la disposition des sélections. Parmi les engagements : l’acquisition de quatre bus pour les différentes équipes nationales. Une promesse approuvée formellement par l’Assemblée générale extraordinaire du 10 octobre 2023. Le bus de One All Sports, sponsor officiel, devait être livré en grande pompe. À cela s’ajoutaient deux bus validés budgétairement par l’AG et le vieux bus hérité des précédents dirigeants. Bilan aujourd’hui : aucune de ces unités n’a été vue ni utilisée.
Le recours à Sky Motors, un cache-misère
Le contrat signé avec Sky Motors, importateur de véhicules chinois Jetour, est présenté par la FECAFOOT comme un partenariat stratégique. En réalité, il illustre une fuite en avant. Incapable d’assumer ses obligations, la Fédération préfère externaliser ce qui aurait dû être un minimum syndical : un bus national, aux couleurs du Cameroun, digne de la stature des Lions Indomptables. Ce qui aurait pu être une cérémonie de prestige s’est transformé en un aveu d’échec. Une manœuvre qui, loin de rassurer, symbolise l’impuissance et le manque de rigueur d’une fédération à la dérive. Quatre ans après l’élection triomphale de Samuel Eto’o à la tête de la FECAFOOT, force est de constater qu’aucun des engagements pris en matière d’équipement des sélections nationales n’a été tenu. Même le vieux bus de l’ère Tombi ou Seidou Mbombo Njoya reste un souvenir abandonné.
Symbolisme brisé
Voir des Lions cinq fois champions d’Afrique débarquer à l’aéroport dans des véhicules Jetour anonymes, sans blason, sans fierté nationale, est une gifle pour le prestige du Cameroun. Là où d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Sénégal ou même le Rwanda dotent leurs équipes d’autocars flambants neufs aux normes FIFA/CAF, le Cameroun en est réduit à sous-traiter son honneur sportif.
Le recours à Sky Motors distributeur d’une marque chinoise encore peu connue pour transporter l’équipe nationale, apparaît comme un pansement sur une hémorragie. Comment expliquer qu’un pays de la stature footballistique du Cameroun, cinq fois champion d’Afrique, se voie contraint de recourir à des voitures commerciales, faute d’avoir pu mettre en circulation un seul bus en quatre années ? Ce partenariat, brandi comme un exploit, traduit en réalité un profond malaise : celui d’une gestion impréparée, focalisée sur l’image et les effets d’annonce plutôt que sur les résultats concrets.
Samuel Eto’o, pourtant élu avec l’aura d’un géant du football, semble avoir échoué à traduire son charisme international en gouvernance efficace. Si les Lions peuvent aujourd’hui monter dans des voitures Jetour, ce n’est ni grâce à la FECAFOOT, ni grâce à un plan de transport bien établi. C’est plutôt la preuve que les engagements pris par l’actuelle équipe dirigeante n’étaient que poudre aux yeux. Au moment où d’autres fédérations africaines investissent massivement dans la logistique, l’infrastructure et la dignité de leurs sélections comme ces pays africains cités plus haut, le Cameroun, lui, se contente d’effets d’annonce et de cérémonies maladroites. Une situation indigne du pays de Roger Milla, Thomas Nkono ou Rigobert Song.
Une gouvernance d’images et non d’impact
La FECAFOOT actuelle semble davantage préoccupée par la mise en scène de partenariats que par leur utilité réelle. Cette posture de communication, bien huilée, ne suffit plus à masquer l’improvisation chronique. Qu’a-t-on fait du budget consacré aux transports ? Quelles démarches ont été entreprises après l’AG d’octobre 2023 ? Où sont les appels d’offres, les devis, les délais d’exécution ? Silence total.
Ce partenariat entre la Fecafoot et Sky Motors, bien que présenté comme un symbole de modernité et de dynamisme, apparaît surtout comme un coup de communication de plus, sans véritable impact sur le développement structurel du football camerounais. Pendant que les clubs de première division peinent à se déplacer pour les matchs, que les stades sont dans un état déplorable, et que les footballeurs attendent leurs primes ou salaires, la Fecafoot semble préférer investir dans le tape-à-l’œil. La distribution de véhicules ne saurait masquer l’incapacité à répondre aux urgences réelles du football local. Samuel Eto’o, en multipliant ce genre d’initiatives médiatiques, détourne l’attention des véritables priorités et entretient une gestion à court terme, davantage préoccupée par l’image que par l’efficacité.
La lassitude monte
Chez les supporters, chez les anciens internationaux, et même au sein des sélections, le constat est amer : les promesses ne suffisent plus. Pire, elles deviennent des humiliations lorsqu’elles ne sont pas tenues. Le bus, au-delà d’un simple moyen de transport, est un symbole de respect, de sérieux, de fierté nationale. Et en cela, le partenariat avec Sky Motors aussi louable qu’il soit dans son principe devient un aveu d’échec. Samuel Eto’o, élu avec l’image d’un sauveur, glisse peu à peu vers le rôle d’un président de fédération incapable de tenir ses engagements les plus simples. Après quatre ans, l’absence de bus pour les sélections est plus qu’un détail logistique : c’est le symptôme d’une gouvernance bancale, faite de slogans et de caméras, mais vidée de vision structurelle. Et les Lions Indomptables, emblèmes de toute une nation, continuent de rouler… sur du vide.
En quatre ans de mandat, Samuel Eto’o et la FECAFOOT n’ont même pas réussi à doter les Lions Indomptables d’un seul bus digne de ce nom. Ce recours à une entreprise privée, loin d’être une avancée, illustre surtout l’échec d’une gestion faite de promesses non tenues et de coups d’éclat sans résultats concrets.
Joakim IPELA