LA FECAFOOT ANNONCE LA DÉMISSION DE MARC BRYS

Nommé en mars dernier à la tête de l’équipe nationale du Cameroun, Marc Brys n’aura finalement passé que quelques mois à la barre des Lions Indomptables. Ce mercredi, la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) a officialisé sa démission, annonçant que le technicien flamand aurait notifié sa décision au ministre des Sports.

Un départ précipité qui relance les tensions entre les différentes entités du football camerounais et laisse l’équipe nationale dans une incertitude inquiétante à l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 en Décembre prochain.

UN MANDAT ÉCOURTÉ, MAIS INVAINCU

En quelques mois, Marc Brys avait entamé un travail de reconstruction salué par plusieurs observateurs, tant sur le plan tactique que sur la gestion du groupe. Les premiers résultats, bien que rares du fait du calendrier, parlaient en sa faveur : aucune défaite, une discipline retrouvée et une dynamique naissante.

Mais derrière les apparences sportives, le climat extra-sportif s’est avéré beaucoup plus chaotique. Dès sa nomination, le technicien belge s’est retrouvé au cœur d’une guerre ouverte entre la FECAFOOT et le ministère des Sports , chacun revendiquant son autorité sur la sélection rajouté à sa relation conflictuelle avec le président de la Fecafoot. Toutes ces tension larvée n’ont eut de cesse d’empoisonner son travail au quotidien.
Selon nos confrères de Jeune Afrique, la démission de Marc Brys serait motivée par une accumulation de difficultées : des relations conflictuelles permanentes, un climat de travail jugé irrespirable, mais aussi des arriérés de salaire de deux mois, un fait grave au niveau international, surtout pour un poste aussi stratégique.

Ce cocktail d’irrespect, d’instabilité administrative et de gestion opaque aura donc eu raison de la patience du technicien belge.

UNE DÉMISSION QUI INTERROGE ET INQUIÈTE

Alors que la prochaine CAN approche à grands pas, cette démission brutale plonge la sélection dans une nouvelle zone de turbulences. Le chantier entamé par Brys, reconstruction de l’identité de jeu, encadrement des jeunes, remise à niveau physique et mentale se retrouve aujourd’hui orphelin de son architecte et quand on sait que la nomination du sélectionneur fait désormais objet de discorde on pourrait dont s’attendre à une nouvelle saga de la bataille Fecafoot vs Minsep.
Plus inquiétant encore : la récurrence des crises au sein de la tanière, où les départs précipités de sélectionneurs, les interférences politiques et les querelles d’ego semblent avoir remplacé la stabilité et la vision à long terme.

QUEL AVENIR POUR LES LIONS ?

Si le nom de Marc Brys sera vite remplacé dans les organigrammes, son départ pose une question plus large : Le Cameroun est-il encore capable de construire sereinement autour de son équipe nationale ? Peut-on espérer des résultats dans un contexte où l’organisation institutionnelle est aussi fragile qu’une feuille face au vent ?

Une chose est sûre : la démission de Brys est un signal d’alarme. Un de plus. Et à quelques mois d’une CAN qui s’annonce relevée, le Cameroun vient de perdre bien plus qu’un entraîneur : il vient de perdre, une fois encore, du temps, de la stabilité, et peut-être une chance de repartir sur des bases saines.

Arnold Martial Ndoumbe

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