SAMUEL ETO’O FACE À LA JUSTICE INTERNE DE LA FECAFOOT
C’est un tournant historique dans le football camerounais. Une révolution silencieuse. Un acte que beaucoup attendaient, mais que très peu osaient encore espérer. Pour la première fois depuis son arrivée en 2021 à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), Samuel Eto’o Fils est convoqué par la Chambre d’Instruction de la Commission d’Éthique. Oui, vous avez bien lu. La FECAFOOT ose enfin ouvrir une enquête contre son propre président. C’est tard, mais c’est fait. Et ça fait un bien fou.
Le communiqué en question est daté du 7 juillet 2025. Il est signé de LOGMO II Achille, président de ladite chambre. L’objet est clair comme de l’eau de roche : « Convocation et Notification de l’ouverture d’une procédure d’instruction. » Voilà des mots que nous aurions aimé entendre depuis longtemps, tellement les casseroles trainées par l’ancien goleador sont nombreuses. Mais, comme le dit le proverbe, “mieux vaut tard que jamais.”
Le document s’adresse à Monsieur Guibai GATAMA , membre du Comité Exécutif de la FECAFOOT, avec cette phrase qui sonne comme une victoire pour tous ceux qui croient encore en la justice sportive au Cameroun :
« J’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir vous présenter, le jeudi 17 juillet 2025 à 15 heures, devant la Chambre d’Instruction de la Commission d’Éthique de la FECAFOOT sise au siège de la FECAFOOT à Yaoundé Tsinga, pour être entendu au sujet de votre plainte rappelée en marge. »
Et cette plainte, que contient-elle ? Elle vise trois noms emblématiques : Monsieur Samuel Eto’o Fils, Président de la FECAFOOT ; Monsieur Djouang Blaise, ancien Secrétaire Général de la FECAFOOT ; Monsieur Angwa Benoît, ancien Coordonnateur Général des Sélections.
Trois piliers du système Eto’o, désormais sur la sellette. Et cela nous réjouit. Car depuis des mois, des années, les scandales s’enchaînent à la FECAFOOT, sans qu’aucune instance interne ne bronche. Il a fallu que la pression MONTE notamment le média CFOOT et ses innombrables journalistiques chevronnés, que la colère gronde, pour que l’éthique sorte enfin de son sommeil profond.
Pourquoi maintenant ? Pourquoi si tard ? La réponse est simple : parce que le peuple a trop souffert. Parce que les Lions Indomptables sont devenus l’ombre d’eux-mêmes. Parce que les supporters sont fatigués de voir le nom du Cameroun traîné dans la boue par des guerres de pouvoir inutiles et des intrigues personnelles. Et parce que l’impunité a trop duré.
Alors oui, ce communiqué est une bouffée d’air. Oui, cette convocation est un premier pas. Et même si l’on reste prudent, même si l’on connaît les jeux d’alliances et de manipulations à la FECAFOOT, nous voulons croire que cette fois, le vent tourne.
Car ce n’est pas une rumeur. Ce n’est pas un buzz inventé sur les réseaux sociaux. C’est noir sur blanc, avec le logo officiel de la Fédération, les signatures, les paraphes, et même les sponsors au bas de la page : Orange, Boissons du Cameroun, 1xBet, Fourteen. Ce document existe, et il annonce enfin un début d’assainissement.
Il est aussi important de noter cette précision juridique : « Il vous est loisible de vous faire assister à cette occasion, par votre conseil. » Comme pour dire : ce ne sera pas une mascarade. Ce sera une procédure sérieuse. Un face-à-face attendu, réclamé, salutaire.
Désormais, tous les regards sont tournés vers Tsinga. Cette date restera peut-être gravée dans l’histoire du football camerounais comme celle où l’éthique a relevé la tête. Où les voix de la vérité ont enfin été entendues. Où Samuel Eto’o, l’icône devenue intouchable, a dû répondre de ses actes.
Trop d’arrogance. Trop de dérives. Trop de silences complices. Il était temps que cela cesse. Il était temps que les institutions jouent enfin leur rôle. Il était temps que le football camerounais recommence à respirer.
Et si cette convocation est une première goutte, nous espérons qu’elle sera suivie d’une pluie purificatrice. Car le mal est profond. Et seule la vérité, sans calculs ni protections, pourra redonner espoir à tout un peuple.
Blaise ETONGTEK