CFOOT NE S’ACHARNE PAS SUR SAMUEL ETO’O

Il est devenu presque un refrain dans les cercles proches de la FECAFOOT : « CFOOT s’acharne contre Samuel Eto’o ». Une accusation commode pour éviter de répondre aux vraies questions. Pourtant, la réalité est toute autre : le média CFOOT ne s’acharne sur personne. Il suit, analyse et commente ce que l’actualité impose. Et malheureusement, cette actualité ramène presque toujours au président de la FECAFOOT.

Depuis que Samuel Eto’o a été élu en décembre 2021 à la tête du football camerounais, il n’a jamais quitté le feu des projecteurs, souvent pas pour des raisons sportives ou institutionnelles positives. Une avalanche de scandales, de décisions controversées et de conflits ouverts ont rythmé son mandat, forçant les médias CFOOT en tête à faire ce qu’ils doivent faire : documenter et interroger les faits.

Une avalanche de scandales, pas un hasard

L’affaire du blogueur algérien, agressé à la sortie d’un match et filmé en train de subir les coups de Samuel Eto’o, a soulevé un tollé international. Que fallait-il faire ? Se taire ? Minimiser ? Ou relater les faits, comme l’exige la déontologie journalistique ? CFOOT a fait le choix de l’éthique : informer. Puis est arrivée l’affaire One All Sports, ce contrat d’équipementier conclu dans des conditions obscures, sans appel d’offres public, avec des clauses financières nébuleuses. Là encore, la presse n’a fait que son travail en demandant des explications sur un contrat engageant l’image et les finances de toute une nation.

Dans la longue liste des polémiques, comment ne pas évoquer les bus promis aux Lions Indomptables ? En plus de trois ans de mandat, aucun bus n’a été livré, malgré plusieurs annonces officielles. À la place, la FECAFOOT a récemment signé avec une entreprise privée pour transporter les joueurs. Une humiliation pour un pays qui fut jadis un géant du football africain. Et il y a eu les écoutes fuitées avec « Mbro », dans lesquelles le président de la FECAFOOT est accusé d’avoir évoqué des manipulations de résultats. Sans oublier les sanctions à la chaîne : Geremi Njitap, Guibaï Gatama, Justin Tagou, tous exclus ou poursuivis, tous critiques ou anciens adversaires électoraux.

Plus récemment encore, l’arrestation brutale d’Alain Denis Ikoul, journaliste sportif, en pleine partie de football, a été perçue comme une tentative flagrante de faire taire les voix discordantes. Une dérive autoritaire dénoncée par des figures de proues du football mondial.

CFOOT ne crée pas l’actualité, il la traite

Il est important de le dire : ce n’est pas CFOOT qui crée les scandales. Ce n’est pas CFOOT qui suspend ses opposants. Ce n’est pas CFOOT qui échoue à livrer des bus. Ce n’est pas CFOOT qui signe des contrats opaques ou menace les journalistes. Le média ne fait que relayer et analyser ce que la gestion actuelle de la FECAFOOT génère. À ceux qui brandissent la carte de la victimisation pour masquer l’absence de résultats tangibles, il faut rappeler que la critique n’est pas l’ennemi du progrès, et qu’une fédération digne de ce nom devrait répondre par des actes, non par la répression ou le silence.

Une culture de l’opacité contre une presse libre

Loin de s’acharner, CFOOT remplit simplement le rôle que les Camerounais attendent de leurs journalistes : tenir le pouvoir sportif pour responsable de ses actions. Ce rôle est d’autant plus crucial dans un contexte où la FECAFOOT, sous l’ère Eto’o, fonctionne comme une forteresse opaque, hostile à la contradiction et intolérante à toute voix divergente.

Tant que l’actualité de Samuel Eto’o sera faite de décisions douteuses, de tensions internes, d’exclusions ciblées et de dérives autoritaires, CFOOT aura le devoir d’en parler. Et si demain, les lignes bougent positivement, CFOOT le dira aussi. En attendant, le « bashing », ce n’est pas dans la rédaction de CFOOT qu’elle se vit. C’est dans les murs de Tsinga qu’elle s’installe.

À toutes fins utiles, la rédaction de CFOOT et son journaliste Alain Dénis Ikoul ne font pas du “bashing” envers Samuel Eto’o.

Joakim IPELA

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