SAMUEL ETO’O PRIS LA MAIN DANS LE SAC

Il ne s’agit plus de rumeurs. Les documents sont là, les faits sont clairs, les dates concordent. Samuel Eto’o, président de la FECAFOOT, est au cœur d’une affaire qui sent fort le détournement déguisé de fonds publics. Ce qui s’est passé autour des matchs amicaux des Lions Indomptables contre l’Ouzbékistan et la Corée du Sud en 2022 relève d’une manipulation financière honteuse, qui confirme une fois de plus que le football camerounais est devenu une machine à pomper l’argent de l’État sous couvert de patriotisme sportif.

Commençons par les faits, bruts et vérifiables. Le 22 août 2022, la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), représentée alors comme toujours par son président star Samuel Eto’o, signe un contrat avec la Fédération Coréenne de Football (KFA). Ce contrat est limpide, sans ambiguïté, détaillé avec précision.

Dans ce document, la KFA s’engage non seulement à prendre entièrement en charge les billets d’avion internationaux, l’hébergement, la restauration et le transport interne des Lions Indomptables, mais aussi à verser une somme de 500 000 USD (environ 280 millions de FCFA) à la FECAFOOT, à titre de frais de participation.

Mieux encore, le mode de paiement est encadré :

« Le montant total des billets d’avion internationaux pour l’équipe du Cameroun sera viré à l’agence de voyage ou à la compagnie aérienne désignée par la FECAFOOT… »

« Le solde restant des frais de participation au match (500 000 USD) sera viré au compte bancaire de la FECAFOOT après l’arrivée de l’équipe…

En clair, la FECAFOOT n’a rien à débourser, tout est prévu. Elle est payée, nourrie, logée, transportée, et elle encaisse même un joli chèque à la fin. Du sur-mesure, cousu avec la précision d’un horloger suisse. À ce niveau, tout citoyen normalement constitué se dit : “Parfait, enfin un partenariat équilibré et sérieux.”

Mais c’est là que le film tourne au drame.

Huit jours après cette signature, le 31 août 2022, la FECAFOOT, avec une audace confondante, adresse un projet de budget de 357 millions de FCFA au Ministère des Sports. Le motif ? Financer l’organisation des mêmes matchs amicaux contre l’Ouzbékistan et la Corée du Sud.

Tenez-vous bien : ce projet de budget inclut exactement ce que la KFA prend déjà en charge selon le contrat. Billets d’avion ? Payés. Hébergement ? Payé. Restauration et transport ? Payés. Mais la FECAFOOT, sans ciller, vient tendre la main à l’État pour encaisser une deuxième fois.

D’un côté, elle perçoit les fonds d’une fédération étrangère. De l’autre, elle pompe les caisses de l’État. C’est une escroquerie, une supercherie, un détournement camouflé sous des allures d’organisation sportive.

Et comme si cela ne suffisait pas, le mutisme complice du Ministère des Sports achève de nous convaincre que dans ce pays, le poisson pourrit toujours par la tête. Comment expliquer qu’un tel budget ait pu être validé, alors que les frais sont déjà couverts ailleurs ? Où est passé le contrôle administratif ? Où est passé l’esprit critique ? Ou peut-être faudrait-il plutôt demander : qui partage le butin ?

Cette affaire n’est pas un simple malentendu bureaucratique. C’est le reflet d’un système pourri, organisé autour de la prédation des deniers publics, avec la complicité d’un pouvoir fédéral sportif devenu hors de contrôle. La FECAFOOT agit désormais comme un État dans l’État, au-dessus de tout, au-dessus de tous. Son président, Samuel Eto’o, se prend pour un empereur intouchable, guidé non par l’intérêt général, mais par la volonté d’enrichissement et de domination personnelle.

Pendant ce temps, les clubs locaux survivent dans la misère. Les championnats sont chaotiques. Les jeunes talents fuient à la première occasion. Et les supporters, pris pour des imbéciles, assistent à ce théâtre lugubre où l’on joue avec l’argent du peuple comme dans un casino.

À la lumière de ces faits, il n’y a plus de doute : la FECAFOOT se moque du Cameroun. Elle se sert au lieu de servir. Et elle piétine l’éthique et l’intérêt national avec la bénédiction d’institutions faibles ou complices.

Mais attention. Dans ce pays, ce ne sont pas les voleurs qu’on pourchasse. Ce sont les dénonciateurs. Ce ne sont pas ceux qui trichent, mentent ou manipulent qui sont convoqués au tribunal militaire, mais ceux qui osent nommer les choses, qui dérangent l’ordre établi, qui refusent de se taire. Le Cameroun est devenu une étrange démocratie où la vérité fait peur, où l’impunité est reine et où l’on veut faire croire que le patriotisme consiste à fermer les yeux sur la tricherie.

Et pourtant, ce que nous dénonçons ici n’est pas un règlement de compte, ce n’est pas une cabale. C’est un devoir citoyen. Nous avons osé dire tout haut ce que beaucoup murmurent tout bas. Que le football camerounais est entre les mains d’un homme Samuel Eto’o qui confond gestion fédérale et propriété privée. Que l’argent public y circule sans contrôle, et qu’on y abuse de la naïveté des institutions pour remplir des poches déjà bien garnies. Alors oui, nous l’écrivons en pleine conscience, avec responsabilité et sans peur : le peuple camerounais mérite mieux que cette FECAFOOT arrogante, dispendieuse et méprisante.

Et ce jour-là, où la justice ne servira plus les puissants mais le peuple, le peuple n’oubliera pas. Il saura qui a profité, qui a volé, qui a trahi. Le temps viendra où ceux qui ont utilisé le football pour bâtir un empire personnel devront répondre devant la nation. Et si d’ici là, nous sommes convoqués pour avoir dénoncé, nous irons la tête haute. Car il vaut mieux être jugé pour avoir dit la vérité que respecté pour avoir protégé le mensonge.

Nous le disons sans trembler : ce que nous revelons n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan trouble de la gestion actuelle de la FECAFOOT. Mais cette goutte suffit à illustrer un système vicié, nourri par l’impunité, protégé par la popularité de son président, et alimenté par le silence coupable de ceux qui devraient veiller à l’intégrité de nos institutions.

Samuel Eto’o a été un immense footballeur, un modèle pour toute une génération. Mais être un héros sur le terrain ne donne pas le droit de saccager les règles en dehors. Ce qu’on attend d’un président de fédération, c’est de la rigueur, de la transparence, du respect pour les finances publiques et pour les citoyens. Ce qu’on voit aujourd’hui, c’est tout le contraire : une posture monarchique, des montages douteux, des dossiers maquillés, et surtout une gestion qui semble échapper à tout contrôle, même celui de l’État.

Alors, une fois encore, avec une ironie amère mais lucide, nous espérons que cette chronique ne nous vaudra pas, une nouvelle fois, une convocation au tribunal militaire. Car dans ce pays, dire la vérité est devenu un acte de courage. Oser poser des questions est perçu comme un crime. Réclamer des comptes à ceux qui dépensent l’argent du peuple est vu comme une provocation.

Mais qu’on se le dise : nous préférons être du côté de ceux qui veillent, qui alertent, qui résistent, plutôt que de ceux qui profitent, qui trichent et qui volent en silence. Et si la FECAFOOT de Samuel Eto’o pense pouvoir acheter les consciences comme elle tente de maquiller les comptes, qu’elle sache une chose : la vérité finit toujours par remonter à la surface. Et ce jour-là, que personne ne dise qu’il ne savait pas.

Blaise ETONGTEK

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