FECAFOOT en turbulence : Benoît ANGBWA rompt le silence

Yaoundé, le 14 juillet 2025 Un conflit inédit éclate au sein de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT). Benoit Christian Angbwa Ossoemeyang, ancien secrétaire général adjoint et ex-coordonnateur des Lions Indomptables, rejette par voie d’huissier une convocation pour passation de service. Son argument choc ? Il a déjà quitté l’institution “libre de tout engagement” depuis des mois. Voici le décryptage de cette affaire qui révèle des tensions inquiétantes.

Le Cœur du Conflit

Tout commence le 10 juillet 2025. La FECAFOOT envoie une convocation à Angbwa Ossoemeyang, lui demandant de se présenter avant le 17 juillet pour une “passation de service officielle”. Problème : l’intéressé a démissionné dès le 7 juillet ! Pire, selon l’acte d’huissier notifié le 11 juillet (dont le média citoyen CFOOT a obtenu copie), la fédération lui avait pourtant remis deux documents capitaux bien avant :

  • Un certificat de travail daté du 18 juin 2025, attestant qu’il quittait “libre de tout engagement”.
  • Un solde de tout COMPTE établi le 12 juin 2025.

“Subordonner l’examen du dossier administratif d’un ex-salarié […] à une passation de service est illégal”, tonne l’huissier Maître Tchimdou Mekiage dans le document. En clair : la FECAFOOT réclame une procédure inutile après avoir officiellement acté la rupture.

Les 4 Points Chauds de la Réponse

Face aux exigences de la Fédération, l’ancien dirigeant répond point par point via ses avocats (cabinet Mountaf-Mayo & Keyi) :

  1. Les dossiers et documents
    “Notre client ne possède plus aucun dossier”, affirme la notification. En octobre 2024, lors de sa passation comme Coordonnateur des Sélections, tous les documents avaient été remis en présence des RH et du département juridique. Un procès-verbal sans réserve en atteste. Comme secrétaire général adjoint, il affirme n’avoir conservé aucun document.
  2. La mystérieuse carte prépayée
    La FECAFOOT évoque une carte UBA (n° 4187 6229 3051 7584). Angbwa rétorque : “Cette carte était personnelle et payée de ma poche pour les urgences des sélections.” Les comptes justificatifs auraient été transmis après chaque utilisation. Et aujourd’hui ? “La carte est expirée.”
  3. Le procès-verbal introuvable
    “Aucun PV n’a été établi lors de ma prise de fonction”, souligne l’ancien dirigeant. Quand il est devenu secrétaire général adjoint, son prédécesseur ne lui aurait rien transmis. Quant au PV de 2024, il aurait été récupéré par les RH.
  4. Le matériel fantôme
    Réponse cinglante : Aucun matériel – ni bureau, ni sportif, ni médical – ne m’a été confié. Un détail qui contredit publiquement les allégations de la Fédération. Pourquoi Cette Passe d’Armes ?

Au-delà des procédures, cette affaire soulève trois graves questions :

  1. Incohérence administrative : Pourquoi exiger une passation après avoir signé un certificat de travail “sans engagement” ?
  2. Opacité: Les convocations floues et les réclamations tardives jettent le doute sur la gestion interne.
  3. Tensions politiques : Angbwa Ossoemeyang n’est pas un inconnu. Ex-international et ancien numéro 2 de la FECAFOOT, son clash public est un camouflet pour l’institution. Et Maintenant ?

L’huissier conclut par une mise en demeure solennelle : “Monsieur Angbwa quitte la FECAFOOT libre de tout engagement. Tous les comptes sont apurés.” La balle est dans le camp de la Fédération. Va-t-elle poursuivre cette bataille ? Rien n’est moins sûr, car les documents officiels produits par Angbwa semblent lui donner raison.

Une chose est certaine : Ce conflit, sur fond de procédures et de courriers menaçants, écorne un peu plus l’image d’une institution déjà secouée par les crises. Les amateurs de football camerounais attendent désormais la prochaine passe de cette partie juridico-administrative qui se joue hors du terrain.

Dans un contexte où les tensions sont vives entre la fédération et les institutions étatiques, cette affaire n’est pas seulement un conflit individuel : elle illustre les dérives d’une gouvernance clanique, où les départs deviennent des prétextes pour humilier ou intimider.

Blaise ETONGTEK

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